Mes gamelles

Première moto, premières gamelles. On aimerait bien que ce soient les dernières...

La première...

Ma première gamelle, je m'en rappelle comme si c'était hier. Hiver 1997/1998, je vais au boulot, sur Lyon, et en sortant d'Ecully, dans une descente, la voiture devant moi clignote à gauche, manifestement pour tourner. Je suis motard débutant, j'opte pour un contournement par la droite plutôt qu'un freinage, surtout qu'on est en pleine descente, dans une grande courbe sur la droite. La voiture se déporte à gauche, tout va bien. Sauf que... le conducteur m'aperçoit dans son rétro et pile. Le fait de voir la moto dans le retro lui a fait peur, il a préféré s'arrêter "pour me laisser passer". Sauf que moi, je comptais sur le fait qu'il allait tourner à gauche et libérer la chaussée. Du coup mon contournement léger sur la droite devient un véritable évitement comme celui qu'on vous demande au permis, sauf que là c'est "pour de vrai". Je serre la poignée de frein, c'est foutu pour l'évitement, j'ai une seconde pour me rendre compte de ce qui va m'arriver et BAMMM! la moto est par terre. Ca fait un boucan d'enfer 200kg de feraille quand ça touche le sol.

J'ai de la chance dans mon malheur, je n'ai pas du tout touché la voiture de devant, et il n'y a personne derrière pour m'écraser. Donc j'en suis quitte avec une belle frayeur, un cintre tordu, et un petit bobo au genou.

Que retenir de cette chute?

L'inévitable (ou presque)

La seule gamelle que j'ai prise et que je considère comme "inévitable", c'était en prenant le périph' parisien, sur une bretelle d'accès, alors que je prenais de l'angle certes mais très modérément. Soudain la moto part, par terre. En y regardant bien j'avais posé ma roue avant sur une flaque d'huile. En théorie j'aurais pu la voir, la coutourner, mais en pratique, c'est sans regret, on ne peut pas en milieu urbain faire attention au moindre centimètre carré de route, et à part à rouler extrêment lentement - ce qui est tout aussi dangereux car on risque de se faire aplatir par un automobiliste pressé - il n'y a pas de remède miracle.

Les blocages de roue avant

Sur toutes les autres chutes, c'est systématiquement la même rengaine. La roue avant bloque, et hop tout l'équipage part au tas.

La plus impressionnante: sur le périph', avec passagère, je freine car j'ai la nette impression que devant ça va "serrer" et que finalement je ne passerai pas en largeur. Ironiquement je fais ce trajet dans le but avoué de changer le liquide de fourche car j'ai conscience que mes amortos sont des pompes à vélo. La passagère qui pèse à l'arrière, les amortisseurs inefficaces font que j'apprécie mal l'adhérence, et ce qui aurait du être un ralentissement sans efforts se transforme en une chute dangereuse, heureusement sans autre conséquence qu'un sélecteur de vitesse tordu. Moi et ma passagère glissont sur le macadam, en pleine circulation, je roulais à 60km/h environ. On a eu du pot sur ce coup-là. Pour la petite histoire, avant de tomber j'ai pu constater que la voiture devant a finalement "roulé droit" et que ça n'a pas serré. Donc au final, ça serait passé. Vous auriez tenté vous?

La plus bête: arrivant à un carrefour en T, je roule à 20km/h, et en ralentissant pour m'arrêter, je dérape. Le revêtement, c'est de la bande blanche épaisse avec des gravillons dessus. Je nous envoie, moi et ma passagère, par terre, bêtement.

Celle qui m'énerve: le matin, en partant au travail, la nuit, sous la pluie, un piéton traverse en dehors des passages prévus. Certes je remontais les files et n'avais pas à le faire sur le principe. Mais lui non plus n'avait pas à être là, sachant que le passage piéton est à 20 mètres à tout casser. Il déboule de derrière une voiture arrêtée en sens inverse, ne regarde pas. Je le vois surgir à 3 mètres devant moi, je pile, je suis par terre. Le type m'engueule presque en m'expliquant que je ferais mieux de faire attention. Hé dis-donc papy je viens de me mettre par terre rien que pour tes beaux yeux, pour t'éviter de te faire écraser, c'est pas trop la peine de me faire la morale. Un de ces jours il va tomber sur un type plus distrait que moi qui n'aura pas la présence d'esprit de l'éviter, et il finira à l'hôpital. Certes il aura raison car les piétons ont toujours raison, mais il sera à l'hôpital quand même. Y'a pas besoin d'être un génie pour comprendre que traverser en dehors des passages piétons la nuit sans regarder, c'est dangereux. En regardant les lieux j'ai compris pourquoi il traversait là: ça correspond à la fin d'une barrière qui a pour but, justement, d'empêcher les piétons de traverser n'importe où... Dommage que la barrière n'aille pas jusqu'au passage piéton. La prochaine fois je saurai à quoi m'en tenir.

La plus récente (je l'espère): je roule cool sur un boulevard parisien. C'est bloqué, alors je passe sur la droite sur une voie de bus. Je roule vraiment très cool, un petit 40km/h, j'y vais vraiment molo, je ne suis pas pressé. Soudain je vois une voiture sur la gauche. En fait c'est une voiture qui venait en sens inverse, a tourné à gauche et donc va me couper la route si elle ne s'arrête pas tout de suite... De fait elle s'arrête car elle m'a vu. Elle a tout le loisir de me voir tenter un freinage et me bananer magistralement. Certes je n'allais pas vite, mais c'était en descente, et le revêtement c'est une bonne base de pavés, sur laquelle traînent quelques bonnes bandes blanches bien épaisses (le modèle glissant-luisant habituel) et le tout est évidemment mouillé sinon c'est pas drôle... Imparable. Un policier qui fait la circulation m'aide à redresser le véhicule. Et voilà, une de plus.

Suite à toute ces gamelles, ma décision est sans appel, ma prochaine moto aura l'ABS .

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Mis à jour le samedi 04 février 2006.