Interpellation (musclée...)

Lundi 19 février 2007

"Petite frayeur du soir"

Ce soir je rentre avec Arthur, sur ma CBF. Arthur c'est mon souba, mon instrument de musique "un peu volumineux". Je le trimballe dans une espèce de housse/sac à dos de couleur noire qui doit faire approximativement 90cm de haut, 70cm de large, une épaisseur correcte, et qui pèse, allons, une quinzaine de kilos.

Question prise au vent, c'est pas top, faut pas sortir quand y souffle, et surtout gare à la gamelle, car là ça pardonne pas, on est certain d'être bon pour la fracture...

Bon, c'est pas très raisonnable, mais c'est ça ou rien, pas moyen de se garer en BAR dans le IXème, donc je vais en CBF600 à ma petite répête du lundi soir, et je rentre, départ vers 23h40 du bistrot, où, très raisonnable, j'ai bu un petit perrier rondelle quand tout le monde a commandé une bière.

En plus je tombe sur la réserve assez vite (>245km), j'ai encore 10 bornes à tirer, et si demain je pouvais aller jusqu'au boulot sur ladite réserve, ce serait bien. Donc je roule pépère, tranquille, 50km/h sur les maréchaux sur le coup de minuit, j'ai pas l'impression d'attaquer.

J'arrive du côté de Clichy et donc je suis tranquillou sur la droite, en train de me faire dépasser par la gauche par un type qui roule à au moins 55km/h - un chauffard des temps modernes - et je vois dans le rétro un autre type, qui roule franchement à gauche, et qui remonte plein pot. Plein pot genre, à vue de nez, le double de ma vitesse, vu comme il remonte le gars, ça y va sec. Je m'énerve pas, je le garde dans le rétro (j'aime bien surveiller les zozos qui roulent vite, dès fois qu'ils se rapprochent, je préfère les éviter moi-même).

Or donc le furieux de derrière à gauche me double, et je constate, sans grande surprise, que c'est la Police. OK bon, ils doivent être pressés de prendre l'apéro peut-être? Que nenni, les voilà-t'y pas qu'ils font demi-tour devant moi. A ce stade, j'avance à 20km/h, je suis en train de stopper devant un feu rouge. Or donc la bagnole se gare sur ma file, à contre-sens. Ho hé pourriez pas vous mettre ailleurs? Y'a quoi de si intéressant ici?

Et là mon cerveau embrumé commence à émerger. Bon sang, c'est à moi qu'ils en veulent? Affirmatif! Un gars sort et me demande de couper le contact. OK chef. Puis il m'ordonne de me ranger sur le trottoir. J'ai envie de dire "et t'aurais pas pu me le dire avant, hé, banane, avec le moteur ç'aurait été plus simple d'y aller sur ce p*tain de trottoir, t'as essayé toi de déplacer 230kg de ferraille dont 15 sur ton dos???". Bon comme je veux pas avoir d'histoire et que je me fais un plaisir de rester courtois avec la maréchaussée je dis rien.

Et ça se complique, la voiture s'avance et désormais me colle à 1 mètre, là c'est clair j'ai même plus la place de manoeuvrer, je peux à peine me mettre en coin dans le caniveau, tant pis pour le trottoir...

Mais qu' ai je donc fait?

J'ai pas brûlé de feu, ni de stop, ni roulé au dessus de la vitesse légale, ni franchi de ligne blanche, rien, nada, que pouic. Pourtant z'ont pas l'air commode, et j'ai comme l'impression que pour eux, ma grosse connerie est tellement évidente que je ferais bien de tout de suite trouver une explication en béton, sinon, au bloc!!!

Ca rigole pas...

Ah si, le gars le plus proche de moi éclate de rire. "Hé les gars, c'est un truc!".

Comprendre: le monsieur à confondu mon brave Arthur, le soubassophone en ferraille, avec un vrai quidam, et croyait donc que je trimballais, en pleine ville, un gars sans casque en passager. Ah oui c'est sûr je mets rarement un casque sur mon sac à dos Wink Il fait le tour de la moto, me raconte un truc bidon sur des histoires de gars qui font des conneries en fazer (j'ai une tête à piloter un fazer moi?), constate que j'ai une belle plaque bien grosse montée sur sa pelle à neige, "c'est bon circulez".

Moralité: ouf.

Et accessoirement, j'ai déjà failli me faire écraser par une voiture de police dans le secteur (mais plus au nord) un jour où je rentrais en courant, et je ne suis pas sûr que leur p*tain de remontée de file sur la gauche plein pot sans aucune sirène ni girophare était du meilleur goût. Parce qu'un coureur à pied, ça coure souvent à gauche, pour voir les voitures arriver de face... Bref, en moto, j'ai l'habitude d'être parano, mais là j'en suis à me demander si je ne devrais pas l'être encore plus.

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Mis à jour le mercredi 11 juillet 2007.